J’ai passé le week-end à éplucher les rapports de tendances techno pour 2026. Cinq bouquins PDF, deux notes gouvernementales, un truc de l’OTAN. Mes yeux saignent. Mais j’ai fait le tri.
Verdict : y’a du bon, du répétitif, et deux-trois trucs vraiment intéressants qu’on n’a pas assez vus passer.
L’IA, oui, mais pas celle qu’on vous vend
Franchement, si je lis encore un rapport qui me dit que « l’IA générative va tout changer », je jette mon écran. On a compris.
Ce qui est nouveau en 2026, c’est pas l’IA générative — les grandes tendances IA de 2026 pointent toutes vers autre chose. C’est l’IA qui agit. Les fameux agents autonomes. Un truc qui prend une décision, exécute, corrige. Pas juste un chatbot qui recrache du texte.
Perso je trouve ça à la fois génial et flippant. Génial parce qu’enfin on sort du gadget. Flippant parce que les boîtes commencent à déléguer des tâches réelles à des systèmes qu’elles comprennent à peine — et ça touche même des gens qui, sans écrire une ligne de code, peuvent désormais déployer des outils puissants. J’ai un pote consultant qui m’a dit que la moitié de ses clients ne savent même pas quels agents tournent sur leurs serveurs. Ça craint.
Les cas concrets qui montent
- Agents commerciaux qui relancent des prospects sans humain derrière
- Automatisation de la conformité réglementaire (le truc que personne veut faire)
- Maintenance prédictive dans l’industrie, avec des systèmes qui commandent eux-mêmes les pièces
- Assistants juridiques qui rédigent des brouillons de contrats en 30 secondes
Le quantique, on en parle vraiment ?
Chaque année, on nous dit « c’est l’année du quantique ». Chaque année, ça ne l’est pas.

Mais là, 2026 pourrait vraiment être différente. Pas parce qu’on va tous avoir un ordi quantique sur le bureau. Mais parce que les gouvernements paniquent sérieusement sur la crypto post-quantique. L’idée c’est simple : le jour où un quantique assez puissant existe, il casse tout ce qui protège vos données aujourd’hui. Vos mails, vos comptes en banque, tout.
Les États commencent à imposer des migrations. La France a sa feuille de route, les Américains aussi. C’est pas sexy comme sujet, mais c’est ce qui va occuper les DSI pendant deux ans.
La souveraineté numérique, le vrai sujet chiant mais important
Là je vais être clair : c’est LE sujet que tout le monde évite parce que c’est complexe et politique. Mais c’est celui qui va bouffer le plus de budget public en Europe cette année.
Cloud souverain, semi-conducteurs, câbles sous-marins. Des trucs qu’on prend pour acquis et qu’on redécouvre fragiles depuis 2022. L’OTAN a même monté un accélérateur d’innovation dédié aux technos duales (civil-militaire). Y’a des centaines de millions qui sortent, et personne n’en parle sur BFM.
Le paradoxe, c’est qu’on veut de la souveraineté ET continuer à utiliser les outils américains parce qu’ils sont meilleurs. Bon courage.
Ce qui me fait vraiment kiffer : l’informatique spatiale
Là, gros coup de cœur. On parle des lunettes de réalité mixte, des interfaces qui mélangent physique et numérique. Apple a lancé son Vision Pro il y a deux ans, Meta continue, et maintenant les acteurs chinois débarquent avec des modèles à 800 balles au lieu de 3500.
Je pense que c’est en 2026-2027 que ça va basculer. Pas pour tout le monde, mais pour des usages pros précis : formation, médecine, design industriel. Un chirurgien qui voit l’IRM du patient superposée en temps réel pendant qu’il opère, c’est plus de la SF.
Après, dans le grand public, l’expérience change tout. Que ce soit pour jouer à des simulations immersives ou pour tester le blackjack de Dublinbet sur un écran géant virtuel dans son salon, l’interface devient l’argument principal. Les gens vont choisir leurs services en fonction de comment ils s’affichent, pas juste ce qu’ils font.
Les trucs surestimés (à mon avis)
Je vais me faire des ennemis mais tant pis.
Le métavers façon 2022
C’est mort. Enterré. Les projets d’avatars moches dans des salles de réunion virtuelles ? Poubelle. Ce qui reste, c’est les usages spécifiques (formation, jeu, événementiel), pas la promesse d’une seconde vie numérique généralisée.
Le Web3 pur et dur
Les NFT façon 2021, les DAO qui allaient tout révolutionner, tout ça a pris cher. Ce qui survit, c’est les stablecoins et quelques cas d’usage précis sur la traçabilité. Le reste, c’est du folklore.
Les trucs sous-estimés qu’on devrait suivre
- Les biotech convergentes : IA + biologie, ça produit des résultats fous. Des molécules conçues en quelques semaines au lieu de plusieurs années.
- Les nouveaux matériaux : batteries sodium-ion, semi-conducteurs au carbure de silicium. Pas glamour, mais ça change les coûts de l’énergie et de l’auto électrique.
- Les jumeaux numériques : plus juste pour l’industrie. Les villes commencent à s’en servir sérieusement pour gérer la circulation, l’énergie, l’eau.
Le vrai truc à surveiller : la régulation
Je termine là-dessus parce que c’est ce qui va décider de qui gagne et qui perd. L’AI Act européen est en application, les Américains bougent aussi, les Chinois ont leurs propres règles. Les boîtes qui vont réussir en 2026 ne sont pas forcément celles qui ont la meilleure techno. Ce sont celles qui savent naviguer dans ce bordel réglementaire.
C’est peut-être pas le sujet le plus fun. Mais si vous êtes dans une boîte qui touche à l’IA, aux données perso ou à la cybersécurité, votre juriste vaut son pesant d’or cette année.
Voilà. C’est ma photo du moment. Dans six mois, j’aurai probablement changé d’avis sur deux ou trois points. C’est aussi ça qui rend le truc passionnant.