La première fois que j’ai ouvert un Guinness Book, j’avais peut-être 10 ans, et je me souviens que je cherchais direct la page sur les jeux vidéo — bien loin de l’univers de la brasserie irlandaise et de son musée, mais bon, pour un gamin, c’était ça la vraie attraction. C’était quoi à l’époque ? Le score le plus haut à Pac-Man, un truc à Donkey Kong tenu par un mec avec une moustache bizarre. Bref, ça sentait la salle d’arcade et le vieux CRT. Trente ans (ou presque) plus tard, les records gaming du Guinness sont devenus un monde à part entière — avec ses stars, ses obsessionnels, et parfois des trucs franchement barrés.
Le dernier qui m’a fait halluciner, c’est cette histoire de bataille géante dans un MMORPG chinois. On parle d’une baston coordonnée qui a mobilisé un nombre de joueurs simultanés tellement dingue que ça a fait rentrer le jeu direct dans le Guinness comme la plus grande bataille de jeu vidéo jamais organisée. Faut imaginer la logistique derrière — les serveurs qui doivent tenir, les guildes qui se coordonnent sur Discord, les screenshots pour prouver que t’étais bien là. Perso je trouve ça fou qu’on arrive à faire tenir autant de monde dans une seule instance sans que tout parte en lag city.
Ce qui est marrant avec ces records-là, c’est qu’ils disent quelque chose de l’époque. Dans les années 90 on chassait le high score solo, tout seul dans son coin avec un joystick. Aujourd’hui c’est collectif, c’est communautaire, ça implique parfois des milliers de personnes qui bossent ensemble pendant des mois pour valider un truc. Le gaming a muté, et le Guinness suit — lentement, mais il suit.
Y’a aussi une catégorie que j’aime bien, plus discrète, c’est celle des records « expertise ». Genre récemment j’ai lu l’histoire d’un jeune Belge de 18 ans qui a décroché un record officiel pour avoir démasqué un nombre hallucinant de tricheurs dans un jeu compétitif. C’est pas un record de skill au sens classique, c’est un record d’observation, de patience, de connaissance intime des patterns de triche. Et je trouve ça vachement plus intéressant que « j’ai fini Elden Ring en 12 minutes en glitchant les murs » — même si les speedruns c’est cool aussi, hein, faut pas se méprendre. D’ailleurs si le sujet des records vous branche et que vous voulez explorer un univers avec ses propres classements et bonus, vous pouvez toujours essayer Alexander Casino pour voir comment ça marche ailleurs. Bref, revenons à nos records.
Un autre truc qui m’a fait sourire cette année, c’est le classement des meilleurs personnages de jeu vidéo établi par le Guinness. Le top 10, tu regardes ça et tu te dis que c’est à la fois complètement prévisible et un peu émouvant. Mario, Link, Master Chief, Lara Croft, les habitués. Y’a des débats sans fin sur qui devrait être là et qui pas, sur Twitter tu vois des gens s’engueuler pendant des heures parce que Kratos est trop haut ou pas assez, parce que 2B mérite d’y être ou pas. Le truc c’est que ces classements sont totalement subjectifs, faut le dire, mais c’est justement pour ça qu’ils marchent. Ils font parler, un peu comme les bonus et promotions des casinos en ligne qui génèrent eux aussi des discussions sans fin entre joueurs sur ce qui vaut vraiment le coup ou pas.
Et puis y’a les records dont personne ne veut vraiment. Celui du pire dialogue de jeu vidéo, par exemple, qui reste tenu par un classique de la PS1 — je vous laisse deviner lequel, mais si vous avez joué à des RPG de cette époque vous voyez très bien de quoi je parle. C’est presque devenu un badge d’honneur ce truc, une ligne de dialogue tellement mal traduite, tellement bancale, qu’elle est passée de honte à mème culte. J’adore l’idée qu’un record puisse célébrer l’échec avec autant de tendresse.
Ce que je trouve fascinant en creusant un peu, c’est à quel point le gaming est devenu un objet d’étude sérieux. J’ai feuilleté récemment un bouquin de sociologie du jeu vidéo qui essaie de comprendre pourquoi les gens font ça — pourquoi on passe 3000 heures sur un MMO, pourquoi on tente de battre un record, pourquoi la communauté speedrun se met en tête de terminer Ocarina of Time en moins de 4 minutes. Y’a une vraie dimension anthropologique là-dedans que le Guinness, à sa façon un peu naïve, documente sans le vouloir.
Franchement je pense qu’on sous-estime encore le rôle culturel de ces records. On les traite souvent comme des curiosités, des trucs marrants à lire aux toilettes. Alors qu’en vrai c’est une trace historique. Dans 40 ans, quand on voudra comprendre comment le jeu vidéo est passé d’un divertissement de niche à la plus grosse industrie culturelle du monde, ces records seront des points de repère précieux.
Bon après, j’avoue que certaines catégories sont un peu tirées par les cheveux. « Plus grande collection de figurines Sonic », « plus long marathon sur Dance Dance Revolution », ce genre de choses. C’est mignon, ça remplit des pages, mais ça vaut pas les vrais records d’exploit collectif qui, eux, disent quelque chose sur ce qu’on est capable de faire ensemble.
Et vous savez ce qui m’excite le plus dans tout ça ? C’est de savoir qu’on n’a probablement encore rien vu. Les jeux VR commencent tout juste à générer leurs propres catégories de records, l’IA générative va probablement produire des trucs qu’on ne peut même pas imaginer aujourd’hui, et la prochaine génération de gamers arrive avec des skills que les vieux comme moi ne peuvent que regarder de loin.
Le Guinness a intérêt à embaucher, il va y avoir du boulot.